Effet Dunning-Kruger vs Syndrome de l’imposteur

On parle beaucoup moins de l’effet Dunning-Kruger que de son pendant, le syndrome de l’imposteur, et pour cause…

L’effet Dunning-Kruger

Qu’est-ce que cet effet Dunning-Kruger et pourquoi est-il si pernicieux ?

Du nom de ses découvreurs, deux psychologues américains, l’effet Dunning-Kruger, ou effet de surconfiance, est un biais cognitif qui a pour conséquence que les personnes les moins qualifiées sont aussi les moins à mêmes de percevoir l’étendue de leur incompétence.

Mais cela ne s’arrête pas là. L’effet Dunning-Kruger implique aussi que les personnes les plus compétentes ont par conséquent tendance à sous-estimer leurs compétences et à penser que, puisque c’est facile à leurs yeux, c’est simple pour le commun des mortels.

Fréderic Fréry, explique cela très bien dans cette courte vidéo.

Pour l’entrepreneur, quelles sont les conséquences de l’effet Dunning-Kruger ?

Chez l’entrepreneur compétent (et j’insiste sur le terme), l’effet Dunning-Kruger peut avoir des conséquences désastreuses car il aura des scrupules à se présenter comme un expert, tant il aura conscience de toute l’étendue de ce qu’il ne connaît pas (mais pas qu’il ignore, puisqu’il en a conscience… tu me suis ?).

Ainsi, il risque de perdre des contrats par manque de confiance en lui.

Pire, ces contrats seront souvent récupérés par des concurrents bien moins compétents auprès desquels l’effet Dunning-Kruger aura au contraire renforcé la confiance. Cela se produit d’autant plus souvent que, ne l’oublions pas, la perception que nous avons de nous influe sur notre communication, sur l’image de nous que nous communiquons à l’extérieur, et par conséquent sur la perception que le monde à de nous.

Donc, une personne incompétente a toutes les chances d’avoir une grande confiance en elle et l’affichera avec beaucoup d’aplomb, tandis qu’un véritable expert aura souvent beaucoup de mal à s’affirmer comme tel, conscient qu’il est de tout ce qu’il ne maîtrise pas.

Gallilée a très bien résumé cela :

Plus j’apprends, plus je m’aperçois que je ne sais pas

Galilée, mais Einstein et Jean Gabin étaient du même avis

Et le syndrome de l’imposteur, dans tout ça ?

Le fameux syndrome de l’imposteur consiste en un manque de confiance profond qui empêche la personne de se sentir à la hauteur, légitime, alors qu’elle dispose effectivement des compétences requises.

Oui, la dernière partie de cette phrase a toute son importance puisque, si l’on ne dispose pas des compétences nécessaires… comment le dire sans vexer personne… eh bien, on est simplement incompétent ! Aucun syndrome ne se cache là derrière, juste un peu de lucidité.

Pourquoi on en parle tant en ce moment

Depuis quelques années, le syndrome de l’imposteur est utilisé par bon nombre de coaches et formateurs pour soutenir l’idée que « Toi aussi, tu peux devenir coach ou formateur. Je te montre comment faire grâce à mon coaching ou mes formations ». Tu la sens, là, la rage qui monte ?

Parce que, quand même, il est plus sympa de parler du syndrome de l’imposteur que des effets corrélés de Dunning-Kruger, surtout si on laisse de côté la notion de « plus tu en sais, plus tu as conscience de tout ce que tu ne sais pas » au profit de « pas besoin d’être un expert, tu as juste à aider la personne qui est un pas derrière toi ».

Concrètement, ça donne quoi ?

Curieusement (ou pas, si tu as lu plus haut), les personnes les plus compétentes ou les plus conscientes des limites de leurs compétences sont rarement celles qui OSENT se lancer, bien au contraire.

Pendant ce temps, des tas de personnes bien moins conscientes de leurs limites sautent allègrement la barrière du syndrome de l’imposteur pour se lancer à l’assaut de l’Eldorado : le business en ligne. On voit proliférer un nombre incalculable d’offres en tout genre qui risquent bien, si on se laisse séduire par une page de vente bien marketée, de nous décevoir amèrement. Enfin, évidemment, « en raison de la nature virtuelle du produit et, comme la plupart du matériel est téléchargeable, nous n’offrons pas de remboursement »… nous voilà bien.

Tout cela pourquoi ? Parce que l’idée séduisante du « Il y a toujours quelqu’un de moins avancé que toi à qui tu peux apporter ton expertise » joue sur une corde sensible : l’estime de soi.

Alors, oui, je sais, je vais un peu loin mais, sincèrement, j’en ai tellement marre de voir les meilleurs minimiser leurs compétences pendant que les médiocres se taillent la part du lion et que je regarde ça interloquée. « La question est déjà répondue » ou bien… ?

Bref, j’en ai eu marre et j’ai décidé qu’il était temps pour moi d’agir à mon tour, en encourageant et en soutenant les personnes qui ont une réelle compétence à partager, en les aidant à prendre conscience de tout ce qu’elles peuvent apporter au monde (et pas juste au gars placé une marche plus bas).

Alors, si tu as déjà acheté une formation, assisté à un webinaire ou participé à un challenge et que tu t’es dit « C’est nul ! », « Je n’ai rien appris/C’est basique » ou « Je pourrais faire tellement mieux », que tu voudrais proposer quelque chose de mieux et que tu laisses malgré tout ta place à des personnes moins compétentes que toi, alors il y a de fortes chances que tu sois la double victime du syndrome de l’imposteur et de l’effet Dunning-Kruger.

Je peux t’aider à franchir ce cap et à oser enfin proposer tes services avec plus de confiance et d’efficacité.

Question subsidiaire, juste pour le fun : tu es plutôt #TeamLagertha ou #TeamAslaug ?

Cet article a 3 commentaires

  1. Bravo pour le texte mais par pitié, les vidéos animées, ça perturbe vraiment la lecture et ça incite à partir. Dommage

    1. Merci pour la remarque, Maxime. J’avoue m’être un peu lâchée ? Promis, j’aurai pitié dans le prochain article.

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